Le point de rendez-vous était donné à l’aire de covoiturage de Saint-Germain. Dès le début de l’après-midi, une trentaine d’agriculteurs ont répondu à l’appel de la FDSEA Aveyron et des JA Aveyron. Tracteurs et véhicules agricoles ont rapidement occupé les abords du site, marquant le lancement de cette mobilisation contre un accord jugé dangereux pour l’agriculture française.
L’action a débuté par l’installation d’une banderole tendue entre deux tracteurs, sur laquelle on pouvait lire : «Pas de pays sans paysan». Un message fort, rapidement contrarié par les conditions météorologiques. En raison du vent, la banderole n’a pas pu rester en place, obligeant les manifestants à recentrer leur action.
Des contrôles pour dénoncer la concurrence déloyale
Le cœur de la mobilisation s’est ensuite déplacé au péage de Saint-Germain, en direction de Rodez. Les agriculteurs ont procédé à l’arrêt d’une dizaine de camions afin d’échanger avec les conducteurs et de vérifier le contenu des cargaisons. L’objectif affiché était de jeter à la benne tout produit importé qui pourrait être produit localement dans le département.
Si certains chauffeurs ont refusé d’ouvrir leur camion, tous se sont néanmoins arrêtés pour dialoguer avec les manifestants. Plusieurs ont exprimé leur soutien. «C’est normal de s’arrêter. Leur colère est justifiée. Alors même si je ne peux pas ouvrir les portes du camion sans pince, je prends dix minutes pour discuter avec eux», explique un conducteur.
Sur place, la mobilisation était encadrée par Germain Albespy, secrétaire général de la FDSEA Aveyron, rejoint plus tard par la présidente du syndicat, Marie-Amélie Viargues. Pour Germain Albespy, cette action vise à peser sur les décisions à venir. «On est ici aujourd’hui pour faire bouger les choses. Même si la France a annoncé qu’elle ne signerait pas l’accord du Mercosur le 20 janvier, elle ne peut rien faire seule à ce stade. L’objectif est donc de montrer que ça bouge, qu’on n’est pas contents, pour que nos députés européens se réveillent et saisissent la Cour de justice européenne.»
Par cette mobilisation, les agriculteurs aveyronnais entendent rappeler leur opposition ferme à un accord qu’ils estiment synonyme de concurrence déloyale et de remise en cause du modèle agricole français. L’action durera jusqu’à 17h maximum.
EB
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