Ce matin, les syndicats FDSEA et JA de l’Aveyron se sont donnés rendez-vous de bonne heure à la préfecture. L’objectif : se faire entendre par Claire Chauffour-Rouillard, préfète du département. «Nous voulons lui montrer la différence de qualité entre le savoir-faire français et ce qui va être importé d’Amérique du Sud. Nous avons des contrôles et des réglementations qui nous permettent de dire que nous produisons de la qualité», assène Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA de l ‘Aveyron. Pour l’occasion les deux syndicats avaient préparé une petite mise en scène avec deux tables représentant la France et le Mercosur. D’un côté : une bouteille de vin, du fromage, de la bonne viande. De l’autre : une table remplie de seringues et de bouse de vache. Le message est clair : «On ne veut pas de ça chez nous !»
Par cette mobilisation matinale, Marie-Amélie Viargues explique avoir voulu «réveiller l’État» face à l’urgence de la situation. Opposée de longue date à l’accord UE-Mercosur, la présidente de la FDSEA de l’Aveyron dénonce un texte qui représenterait, selon elle, «un coup d’arrêt à la production française et aveyronnaise». Si le Président de la République a récemment exprimé son refus de l’accord, elle estime que cette position aurait dû être affirmée bien plus tôt afin de permettre un véritable rapport de force et un temps de négociation au niveau européen. «Cela fait 25 ans que l’on alerte», rappelle-t-elle, soulignant le sentiment de ne pas être entendue par les pouvoirs publics.
Marie-Amélie Viargues indique que les échanges avec la préfète n’ont pas apporté de nouvelles garanties, mais que des leviers institutionnels existent encore pour freiner le processus. La possibilité pour le Parlement de saisir la Cour européenne de justice pourrait permettre de repousser l’accord d’au moins 18 mois, un délai jugé indispensable pour renégocier certaines conditions. Dans un contexte agricole déjà tendu, elle alerte sur le risque de chaos économique pour le territoire si rien n’est fait. Face au manque d’écoute qu’elle dénonce depuis des années, elle prévient que les syndicats ne s’interdisent désormais aucune forme d’action si l’accord venait à être ratifié.
EB
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