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La chronique champêtre de Jean-Paul Pelras. Sur le quai de Sauveur

Les chroniques. La chronique champêtre de Jean-Paul Pelras

La chronique champêtre de Jean-Paul Pelras. Sur le quai de Sauveur

Voilà plus de 5 ans que je vous parle de pèlerines, de communions solennelles, de Quatrelles, de 2 CV, de bistrots et de vieux calendriers. Ce qui suscite, vous en conviendrez, une certaine proximité.

Voici donc, une fois n’est pas coutume, ce premier baiser cueilli un soir d’été 1978 dans une petite commune du Midi.

Nous étions le 23 août, jour de fête au village. L’affaire avait été rondement menée par François, Éric, Louis, Luc et les autres. Eux qui n’étaient pas plus expérimentés que moi et qui savaient pourtant à quel moment passer son bras par-dessus l’épaule, dans quel sens tourner la langue et, bien sûr, où poser la main sans risquer l’humiliant soufflet.

La demoiselle s’appelait Virginie. Cousine d’une amie autochtone, elle venait, comme souvent en pareilles occurrences, de Paris. L’action se déroule sur le chemin de la rivière où nous étions assis sur le quai de Sauveur contre ce cabanon aux planches noircies qui faisait peur aux enfants.

Derrière les peupliers du côté du terrain de pétanque, Plastic Bertrand chante “Bambino” et Mort Shuman “Un été de porcelaine”. Ensuite, il y eut cette main qui tente d’élargir sa course vers la bretelle du soutien-gorge, ces cheveux qui sentent la pomme, ces yeux qui se ferment, le grain mystérieux de la peau, le souffle court, les gestes qui hésitent et ainsi de suite…

Voilà comment s’est éloignée l’enfance sur le quai de Sauveur un soir d’été. J’y repense parfois. Un peu comme tous ceux qui ont eu 15 ans au siècle dernier.

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