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Tourisme . Découvrez ou redécouvrez le musée du scaphandre à Espalion

Espalion.

Unique en France, grâce à l’invention du scaphandre autonome par Auguste Denayrouze et Benoît Rouquayrol, le Musée du Scaphandre d’Espalion a rouvert ses portes ce lundi 4 juillet pour l’été. Chacun y est d’ores et déjà invité pour se replonger dans les méandres de l’histoire de la plongée sous-marine. Au-delà même des inventions scientifiques, c’est un bâtiment au riche passé qui s’offre aux regards et à la curiosité de tous.

Tourisme . Découvrez ou redécouvrez le musée du scaphandre à Espalion
Extérieur du musée.

Anciennement église de la ville, le bâtiment accueille en 1976 la collection d’objets d’art populaire que le Félibre Joseph Vaylet abritait en sa demeure, avant de la transférer au Vieux-Palais puis à l’actuel musée. Cette collection inspire Lucien Cabrolié qui propose à la mairie, propriétaire du bâtiment, d’y intégrer en 1980 des objets de plongée sous-marine. Prochainement, la collection Vaylet est appelée à rejoindre le Musée des mœurs et coutumes (“Musée des prisons”) et laisser l’entière place aux scaphandres autonomes. 

Retour aux sources

De tout temps, l’homme à chercher à conquérir les abysses. Tel Edmond Halley, ingénieur britannique qui réalise en 1690 une cloche de plongée alimentée d’air frais contenu dans des barils descendus depuis la surface. Mais subsiste encore la question de la dépendance à l’air acheminé d’où la nécessité, en 1797, pour Karl Klingert, ingénieur allemand, d’en affranchir le plongeur.

Or voilà que le réservoir d’air qu’il met en place se révèle trop imposant pour l’homme ! En 1808, selon Antoine Brize-Fradin, mécanicien et chimiste belge, une nouvelle invention s’impose : un système d’air injecté dans le casque par un soufflet placé sous le bras. Il est cependant perçu comme encombrant à l’image des précédents.

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L’aventure continue donc avec deux Aveyronnais. Benoît Rouquayrol, ingénieur de l’École des mines de Saint-Étienne, développe depuis les années 1860 un appareil inspiré des cloches de plongée, mais dont l’objectif est de sauver les mineurs en cas d’effondrement ou de coups de grisou (gaz toxiques). Auguste Denayrouze, lieutenant de vaisseau, perçoit les capacités d’adaptation de cette invention et propose de développer l’appareil dans une version subaquatique. En 1864, les deux hommes déposent le brevet de leur appareil plongeur Rouquayrol-Denayrouze. Premier scaphandre autonome de l’histoire.

L’Aveyron mis à l’honneur

Le musée d’Espalion ne manque pas de mettre en valeur l’invention aveyronnaise et lui dédie un pan du musée. Ainsi, l’appareil Rouquayrol-Denayrouze se dote d’étanchéité, de semelles en plomb — de 7kg — ainsi que d’un pince-nez. C’est avant tout pour simplifier l’appareil qu’est créé en 1885 le “masque-groin” équipé d’un régulateur d’air avec une soupape de non-retour pour les gaz expirés. Il laisse ensuite place à un casque traditionnel équipé d’un embout buccal et d’un robinet d'évacuation d'air vicié. 

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De chaque invention découle une autre invention. Aussi la volonté constante d’améliorer le scaphandre occupe-t-elle Le Prieur qui s’inspire de l’appareil Fernez de 1912. Il remplace en 1926 le narguilé par une bouteille d’air comprimé dorsale, relié à un manodétendeur réglable à la main. Le Commandant Cousteau emprunte au modèle Rouquayrol-Denayrouze la détente automatique de l’air de même que l’embout buccal pour créer son appareil, le CG45, en collaboration avec Gagnan.

En 1933, il se différencie par un détendeur gréé à deux étages sur des bouteilles d’air comprimé (puis à un étage grâce à la sensibilité de la membrane en 1955). Le scaphandre acquiert finalement combinaisons chauffantes et mélanges gazeux grâce aux inventions de grandes sociétés à l’image de la Comex. A ce jour, il s’agit d’une combinaison en néoprène autonome prolongée par une bouteille, un détendeur pour respirer, ainsi que de palmes.

Une collection très riche 

A s’immerger davantage dans les tréfonds du musée, on y décèle plusieurs sous-marins. Réellement mobiles dès 1776, ils deviennent armés de canons, propulsés par un moteur à vapeur, aérés par élimination chimique du gaz carbonique et dotés de réserves d’oxygène comprimé. Il faut attendre 1980 pour voir apparaître le modèle Mixnarg, appareil à circuit fermé des plongeurs militaires qui en font don au musée en 1992.

Parmi tout ces objets, se côtoient tantôt des maquettes, des casques, des palmes, des premières pages du journal de l’époque Le Petit Journal ayant trait au monde sous-marin, ou encore un caisson Dräger, un monoplace télescopique pour secourir un plongeur en difficulté. A découvir ou redécouvrir…

Ouvert jusqu’au 31 août, du mardi au vendredi de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00, et le samedi de 14h00 à 18h00. Renseignements au 05.65.44.09.18

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