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Logement. La ministre du Logement à la rencontre des élus locaux

Lutter contre l’étalement urbain et préserver les terres agricoles et naturelles tout en construisant des logements pour accueillir de nouveaux habitants et ainsi dynamiser les villages et rester attractif, c’est le dilemme qui fut abordé vendredi 5 novembre, à Saint-Chély d’Aubrac, lors d’une réunion de travail entre élus locaux et la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon.

Logement. La ministre du Logement à la rencontre des élus locaux
Emmanuelle Wargon entourés par les élus locaux et les représentants des collectivités départementales.

C’est sur l’invitation du député Stéphane Mazars que la ministre du Logement Emmanuelle Wargon est venue en visite à Saint-Chély d’Aubrac pour "retourner au contact du terrain, de la ruralité et échanger ensemble sur la loi climat et résilience".

Rapidement, les maires ruraux ont fait connaître leurs incompréhensions face à l’application de la loi climat et résilience, qui fut votée cet été. Cette loi prévoit de réduire par deux pour les dix années à venir, à l’échelle nationale, l’artificialisation des sols par rapport à la décennie écoulée.

Les services de l’État peuvent donc bloquer des projets immobiliers comme ce fut le cas pour Robert Rispal, maire de Saint-Symphorien de Thénières : "En 2019, j’ai demandé la possibilité de construire un lotissement proche du centre-bourg de huit lots, cela me fut refusé, je ne demandais pourtant pas des centaines d’hectares".

Étalement urbain et nouveaux habitants

Les élus locaux sont conscients qu’il faut protéger la terre arable, beaucoup d’entre eux sont agriculteurs. Ils n’opposent pas rénovation et construction, mais ils ont parfois besoin de l’ouverture de surface urbanisable pour construire des petits lotissements à la lisière des villages.

Pauline Cestrières, maire de Montézic, interpelle la ministre en racontant que le territoire connaît "le plein emploi, nous avons besoin de maintenir une population, mais aussi d’accueillir des familles qui veulent s’installer et nous n’arrivons pas à remplir leurs attentes".
"Les jeunes couples ne veulent pas forcément s’installer dans des appartements, ils ont besoin d’un peu de terrain", relate Christiane Marfin, maire de Saint-Chély d’Aubrac.

Ces propos sont repris par la députée Anne Blanc, qui rappelle à la ministre "qu’il n’y a aucun intérêt à venir s’installer à Mur-de-Barrez ou à Saint-Chély d’Aubrac si c’est pour vivre comme dans la banlieue de Toulouse".

Le sénateur Jean-Claude Anglars plaide pour une différenciation en zone rurale et montagne de l’application de la loi climat et résilience : "nous devons établir une approche qui parte des besoins des communes et qui soit plus adaptée aux réalités des territoires".

Une différenciation dans l’application de la loi

Emmanuelle Wargon a déclaré être d’accord avec le principe de différenciation et le besoin de logement pour certaines communes. Elle a aussi mis en garde les maires quant à l’édification de lotissement éloigné des cœurs de village conduisant à deux politiques distinctes, l’une de construction et l’autre de rénovation des centres-bourgs.

Elle rappelle aux différents acteurs qu’il faut être raisonnable dans la consommation de terre agricole, et il faut impérativement étudier les autres alternatives. Mais elle a également concédé qu’il fallait plus de souplesse de la part des services de l’État.

Sur une proposition de Jean-Claude Anglars, la ministre a accepté que les communautés de communes face remonter des propositions de leurs besoins en surface urbanisable pour ensuite les intégrer dans le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires (SRADETT). Et ainsi, répartir les terres artificialisables pour les dix prochaines années.

Les dents creuses

Vincent Alazard, maire de Laguiole, a pris la parole pour notifier "qu’il y a un changement de mentalités auprès des primo-accédants qui recherchent d’abord une maison à acheter et faute de mieux se rabattent sur la construction".

Le maire de Laguiole a aussi déclaré que "dans le bourg, il y a une multitude de terrains gelés, ils sont privés et les propriétaires ne veulent pas les vendre, il faudrait trouver un accord tout en respectant le droit à la propriété". Ces terrains permettraient de construire de nouveaux logements au centre du village.

Le maire de Mur-de-Barrez, Pierre Ignace, partage ce constat. Des solutions pour lutter contre les dents creuses (un espace non construit entouré de parcelles bâties) furent abordées avec la ministre, comme la hausse des taxes sur les résidences secondaires ou les biens vacants.

À la fin de cette réunion, Emmanuelle Wargon "repart avec des devoirs". Elle réitère la volonté du gouvernement de permettre à chaque territoire de se développer. Le but désormais, à partir du terrain, est de porter la voix des départements ruraux.

 

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