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Dans le rétroviseur. “Des tripes et des boyaux”, par Pierre Caron : quand Christian Benoit bouclait le Paris-Brest-Paris

Dans le rétroviseur. “Des tripes et des boyaux”, par Pierre Caron : quand Christian Benoit bouclait le Paris-Brest-Paris
24 septembre 1999. Christian Benoit, notre “Cric” national, ancien employé municipal, fait la une du numéro 30 de la Gazette de Saint-Côme, alors éditée avec le Bulletin d'Espalion, sous le titre “Des tripes et des boyaux”. Un article signé Pierre Caron que nous reproduisons ici, en renouvellant nos félicitations à ce forçat de la route.
On est heureux, on a de la chance de vivre à Saint-Côme mais maintenant, en plus, on est fier d'être Saint-Cômois. Car depuis quelques semaines nous avons un Champion dans notre village. Que dis-je un Champion ? Un Héros ! Ce n'est pas un vain mot, “un héros”, car c'est héroïque de pédaler de Paris à Brest, aller et retour, soit plus de 1.200 km, et Christian Benoit l'a fait !
Il y a eu quelques articles dans la presse qui ont relaté l'exploit, mais vu l'ampleur de la performance, je tenais à consacrer à Christian l'édito de la Gazette.
Quand on pense qu'il s'est mis au vélo il n'y a que trois ans ! Cela laisse rêveur (il va fêter ses 43 ans le 4 octobre prochain).
Pour participer à cette compétition, il ne suffit pas de s'inscrire. Il faut avoir fait ses preuves en passant les brevets des 200, 300, 400 et 600 km (épreuves limitées dans le temps). Ces brevets de randonneurs sont une façon d'arriver à gérer intelligemment ses “haltes”. Et “gérer”, c'est la clé de la réussite.
Pour préparer ces brevets il faut s'entraîner. Christian s'impose une centaine de kilomètres le dimanche et quelque fois 50 à 60 la semaine après le travail.
Il a fait le Puy Mary, 225 km, les Gorges du Tarn, «rigolade» dit-il en souriant. Puis la boucle de Saint-Geniez, La Marmotte, 150 km à 24 de moyenne, et d'autre courses d'endurance : Toulouse, Montauban, etc.
Et donc récemment, le Paris-Brest-Paris, 14 e du nom, 1.270 km et la route n'est pas plate (sauf la Beauce). Faux plats suivis de bosses, de quoi «casser les pattes». La dénivellation totale est de 10.000 mètres environ. Du lundi 23 août 22 heures au vendredi 27 août 15 heures, il lui a fallu pédaler à une moyenne de 16 km/h environ et ne s'octroyer en tout que 3 heures de sommeil ! 82 heures de galère où il lui a fallu gérer ses arrêts ravitaillement en self (grosse perte de temps à faire la queue), ses temps de repos où il retrouvait son assistance : son frère Raymond et Loulou Capelle aux points de rencontre stratégiques. Blessé à la selle depuis environ le 500 e kilomètre, il a dû terminer les derniers 300 km «en danseuse», debout sur les pédales, en appui sur les mains. Les vibrations ont déclenché des douleurs articulaires et Christian a dit qu'il avait les orteils anesthésiés. Il avait dégonflé les pneus pour amortir les chocs. Le début de la course a été pénible. 3.600 participants se trouvent au départ, et c'est par vagues de 7 à 800 qu'ils sont lâchés. Résultat : Christian attendra plus d'une heure et demie, debout, le vélo à la main, pour garder sa place. De quoi fatiguer les jambes et se déconcentrer.
La fin aussi a été pénible. Bien que les derniers kilomètres, 150 environ, aient été parcourus en compagnie d'un autre concurrent, un Bordelais «sympathique» dit Christian, car ça n'a pas été le cas dans le courant de la course, où il a été confronté à des groupes hermétiques, presque hostiles, ou d'autres très individualistes.
Cette fin de course «en danseuse», avec les traversées de Saint-Quentin-en-Yvelines, les feux rouges, «la route n'est pas fermée», la Forêt de Rambouillet et les «grimpettes» de la Vallée de Chevreuse, devenait interminable, mais il «bouclait», ouf !
Bravo Christian, c'est formidable.
Bravo aussi à ceux qui ont bien voulu marquer le coup. Francis Revel lui avait promis son poids en Paris-Brest, “la pâtisserie”, et, le jour de la fête de Saint-Côme, il a offert en l'honneur de Christian, à qui le voulait bien, le gâteau et le vin.
Bravo à ses amis qui l'ont accompagné pour un tour de ville sur un camion décoré, précédé par la peña de la fête.
Une médaille de la commune lui a été remise par notre maire, Jean-Raymond Palous.
Christian n'a pas le profil d'un coureur cycliste, mais son tonus, son courage, sa préparation, sa rage de se surpasser, de gagner son pari, en ont fait notre héros du jour, de l'année, de la fin de siècle, et on peut en être fier.
Pour notre jeunesse saint-cômoise, c'est un exemple. Qui aura la “moelle” de relever le gant ?
Pour conclure, je cite Christian : «J'ai eu de la chance d'être quelqu'un de résistant, je suis parti à l'aventure, mais avec la ferme intention de finir».
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