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Covid-19. Oser le déconfinement : Le courage de rester chez soi, c'est aussi le courage d'en sortir

illustation du Bulletin d’Espalion

Que ce soit la reprise de l'école ou la réouverture des commerces, le déconfinement est inévitable, souhaitable et indispensable. Il est en route, même si la perspective d'une reprise de l'épidémie pourrait le remettre en cause, et le gouvernement n'avait pas d'autre choix que de l'amorcer. La réouverture d'un certain nombre de marchés, 28 à ce jour en Aveyron, en est un des signes. Le déconfinement bénéficiera des gestes de distanciation appris pendant le confinement, et il faudra veiller aux plus fragiles. Voici quelques éléments pour essayer d'aller vers une vision optimiste de la situation.
L'intervention pascale du président Macron le 13 avril dernier a fixé la date du 11 mai pour amorcer le déconfinement. Une annonce présidentielle qui mettait en avant la reprise de l'école, progressive. Les commerces devant rouvrir à partir de cette même date, le président précisant que pour les cafés, restaurants, cinémas, musées, etc. ce serait plus tard, et que ne pourraient se tenir avant la mi-juillet

Reprise ou “relâchement” ?


Le cap de la remise en route était donné. Parallèlement, et depuis le 23 mars, de plus en plus de marchés rouvraient un peu partout en France. De même que certains commerces autorisés reprenaient du service — principalement des enseignes de bricolage, multiservices, jardineries qui avaient fait le choix jusque-là de rester fermées —, des entreprises de BTP se remettaient à l'œuvre. De nombreux restaurateurs ont rejoint ceux qui proposaient déjà des plats à emporter et de plus en plus de commerces “non essentiels” se sont mis au drive. Sur nos routes et dans nos villages, on a également pu voir au travail les entreprises chargées de la mise en place de la fibre optique, qui avait débuté avant le confinement.
Bref, ce faisceau d'activités se remettant en route, sans qu'elles soient forcément liées entre elles, ni à un changement des règles, a pu donner l'impression d'un “relâchement” à une partie de la population, traumatisée par les mesures exceptionnelles prises depuis la mi-mars, et en quelque sorte victime du “succès” du confinement. Mais il faut plutôt y voir un “pré-déconfinement”, prémices de l'inéluctable retour à la normale, qui s'explique d'une part par la nécessité des entreprises de survivre au choc économique annoncé, et d'autre part par le besoin des Français de retrouver une vie sociale, même à minima. La tenue d'un simple marché l'illustre bien, qui synthétise l'activité économique et le retour du lien social.

 

Pré-déconfinement indispensable


Banalité avant le 16 mars, discuter dans la rue est d'abord tombé sous le coup de l'interdit, avant de devenir une pratique fugace entre la boulangère, l'épicière et le boucher. Nos commerçants sont devenus nos plus proches relations hors foyer, et hors travail pour ceux qui y allaient encore. Il n'est donc pas anodin de revenir à la normale progressivement. En milieu rural, si les gendarmes et les élus ont su se montrer bienveillants, et si les voisins ne sont pas transformés en miliciens derrière leurs carreaux, on a su conserver un semblant de lien avec les autres. Et le confinement, même si l'infantilisation des attestations dérogatoires était à la limite de l'acceptable dans un pays libre, a permis d'instaurer l'habitude de la “distanciation”. Cette distance qui nous permettra d'aborder la suite en relative sécurité.

 

 

Pis-aller pour la santé, arrêt de mort pour l'économie


De toute façon le confinement n'était pas un remède, mais un pis-aller destiné à limiter la casse dans les hôpitaux. On sait que sans vaccin, et à moins d'un arrêt saisonnier de l'épidémie, sur lequel les autorités semblent compter, le virus ne sera pas vaincu par le confinement. Par contre, ce dernier, de manière certaine, met en danger la société et l'économie, pas celle qui est presque un gros mot et qui sert le grand capital, non, celle de notre vie de tous les jours, du tissu social, qui fait l'emploi ou le chômage. On n'a donc pas le choix d'en sortir.

 

 

Le retour à l'école est inévitable


Et le fait de remettre le pays en route en commençant par les écoles fait dire à certains que c'est pour que les Français aillent bosser : en quoi cela serait-il choquant ? Par ailleurs, d'autres voix s'élèvent contre une reprise scolaire de quelques semaines, qui serait inutile. En admettant qu'on se passe d'un mois d'école, il faut surtout considérer que de la mi-mars au mois de septembre, ce sont cinq mois et demi de rupture scolaire et sociale qu'on imposerait aux écoliers, dont certains ne sont pas dans une situation scolaire ou sociale qui permettent de prendre cet intermède à la légère. D'autant qu'au mois de septembre, sans vaccin, la question de la reprise sera la même. Par contre, la reprise des classes en ordre dispersé risque d'être un casse-tête pour les enseignants, les parents et collectivités locales en charge de l'organisation (les mairies pour les écoles, départements pour les collèges et régions pour les lycées).
Bref, rester confiné toute l'année n'est pas une solution pour le Pays : si on a eu le courage de rester chez soi, on l'aura pour en ressortir, il suffit de prendre exemple sur ceux qui ont continué à travailler.

ENCADRÉ

Un taux de létalité moins élevé qu'annoncé ?

La stratégie de l'immunité de groupe se base sur l'infection d'une majorité de la population (au moins 60%) qui, en développant une réponse immunitaire naturelle, stopperait collectivement la propagation du virus. Dans le cas de nombreux pays, dont la France, elle n'a pas été retenue, on le sait, pour ne pas laisser circuler le virus trop vite et engorger un système hospitalier inadapté.
Pour l'heure, une étude de l'Institut Pasteur estime qu'environ 5,7% des Français auront été infectés par le virus le 11 mai, mais cette projection ne se base que sur les cas avérés ou supposés. De son côté, le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, évoque un chiffre de 10 à 15%.
On peut en déduire les taux de létalité, c'est-à-dire de décès sur les personnes infectées, suivants : pour 6% de la population infectée, soit un peu plus de 4 millions de personnes, 23.000 morts représentent un taux de 0,57%, et pour 15% de la population, soit un peu plus de 10 millions de personnes, le taux de létalité serait de 0,23%. Des chiffres moindres à celui souvent avancé de 3%, basé sur le nombre de cas dépistés. En Allemagne, qui a pratiqué une politique active de tests, la létalité du virus est d'ailleurs estimée à 0,3%.
Pour mémoire, le taux de létalité de la grippe saisonnière est d'environ 0,1% : on ne sait pas exactement combien de personnes en meurent chaque année en France, mais la moyenne des décès depuis une dizaine d'années est estimée à 10.000 par an, avec des pointes à 14 voire 18.000 morts, le tout en général en deux mois.
Le virus reste donc dangereux, c'est une maladie, mais le principe de précaution ne l'arrêtera pas. Il faudra donc vivre avec, et le véritable enjeu sera de reprendre notre vie normale, tout en ne mettant pas en danger les “plus fragiles”, surtout au sein de nos familles.

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