Ethnographie
Le terme de “Musée du Rouergue” (au singulier) apparaît en 1970 à l'initiative de Jean Delmas, directeur des Archives départementales de l'Aveyron, qui prend la suite de son prédécesseur, Jacques Bousquet, dans un vaste chantier de collecte d'objets traditionnels. Ce travail est né d'un mouvement initié dans les années 1930-1940 par Georges-Henri Rivière, créateur en 1937 du musée national des Arts et Traditions populaires à Paris : une vaste enquête ethnographique destinée à sauvegarder le souvenir d'un monde rural en pleine mutation.
Localement, Joseph Vaylet, qui s'inscrit dans ce mouvement de collecteurs, est à l'origine de la création du musée qui porte son nom, et qui s'inscrit dans cette muséographie éclatée du Rouergue.
Après quelques années d'existence sous la forme d'expositions thématiques, principalement aux Archives départementales, le Musée du Rouergue est officiellement porté sur les fonds baptismaux en 1978 par la signature d'une charte culturelle entre l'État et le Département : son but est de collecter, préserver, étudier et valoriser le patrimoine populaire et identitaire du Rouergue. Au fil des années, des musées créés par des particuliers, associations, syndicats d'initiative et communes intègrent l'entité Musée du Rouergue.
Le Musée du Rouergue en 12 entités
À l'exception de ceux de Salles-la-Source, Espalion et Montrozier, la gestion de ces musées, dont voici la liste, n'est pas départementale :
Musée du charroi rural et de l'artisanat local traditionnel à Salmiech, inauguré en 1980 (conventionné en 1985 avec le Musée du Rouergue et classé Musée de France en 2002), le Musée des arts et métiers traditionnels de Salles-la-Source, inauguré en 1979, le Musée des mœurs et coutumes d'Espalion, inauguré en 1986, le Musée Joseph Vaylet et Musée du Scaphandre à Espalion, créé en 1980, le Musée des traditions agricoles du Ségala à Pradinas, créé en 1988, le Musée de la vie rurale - Musée de la pierre à Saint-Beauzély, inauguré en 1991 (Musée du Rouergue à partir de 2000), le Musée Damien Bec à Saint Crépin, conventionné en 1992, le Musée de la Mine Lucien Mazars à Aubin, créé en 1979, l'Espace archéologique de Montrozier, créé en 1990, le Musée archéologique de Sévérac-le-Château, inauguré en 1997 et fermé en 2022, la maison natale de Jean-Henri Fabre, “Chez Monsieur Fabre” à Saint-Léons, gérée aujourd'hui par Micropolis, la Cité des insectes, et la Maison natale de François Fabié - Moulins de Roupeyrac à Durenque, Musée du Rouergue depuis 2001.
Ces musées sont tous en activité, parfois de manière saisonnière selon leur gestion, notamment quand elle est associative, à l'exception du Musée archéologique municipal de Sévérac, qui a été fermé en 2022, mais dont les collections sont visibles à Montrozier dans l'attente d'une possible réouverture.
À Espalion, le Département a laissé la gestion du Musée Joseph Vaylet - Musée du Scaphandre à la commune en 2022 : il était alors question de la création d'un musée de société aux prisons, où la collection du Musée Joseph Vaylet aurait rejoint celle des mœurs et coutumes. Mais les plans ont changé : les collections traditionnelles semblent faire moins recette auprès du public que l'archéologie, ce qui assure pour l'instant le maintien du musée de Montrozier.
Vers un retour des collections itinérantes ?
À défaut d'exposer, le conseil départemental affiche sa volonté de jouer son rôle de conservateur. Dans les cartons, une option pour le futur des collections d'Espalion et de Salles-la-Source — une fois réglée la question de leur inventaire — serait leur conservation à Flavin et de possibles mises en valeur lors d'expositions itinérantes — un peu comme aux origines du Musée du Rouergue — et de présentations pédagogiques.
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