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Clément Cabanettes. Du Rouergue à la pampa, portrait d'un aventurier [1]

Les chroniques. Presque tous les Aveyronnais connaissent l'aventure de Pigüé, cette ville de la pampa argentine fondée au XIXe siècle par des colons aveyronnais. Le nom de son fondateur, Clément Cabanettes, est également connu, mais sait-on quel aventurier fut ce fils de paysans d'Ambec, entre Lassouts et Saint-Côme, dans le Nord Aveyron ? Portrait d'un personnage hors du commun.

Clément Cabanettes. Du Rouergue à la pampa,  portrait d'un aventurier [1]

Clément Cabanettes

Le 4 décembre, Pigüé fêtait le 139e anniversaire de sa fondation : le jour retenu est celui de l'arrivée, en 1884, des 40 premières familles rouergates sur cette terre promise par un homme, Clément Cabanettes.

Troisième enfant d'une fratrie de 11, Clément Cabanettes naît le 14 août 1851 à Ambec, une ferme isolée de la commune de Lassouts, mais située sur la paroisse de Saint-Côme d'Olt. C'est d'ailleurs vers le village au clocher flammé que la vie de Clément se tourne rapidement. Avec deux de ses frères, Lucien et Sylvain, il fréquente l'école des frères marianistes, dans le quartier de l'Ouradou, qui deviendra par la suite l'école publique des garçons, aujourd'hui occupée par la maison de santé.

«De remarquables dispositions intellectuelles»

Via les châtaigneraies, ils parcouraient à pied matin et soir, par tous temps, les 3 ou 4 kilomètres qui séparent la ferme familiale de Saint-Côme. Il y fit preuve, d'après le témoignage de son neveu Émile Cabanettes, «d'une vive intelligence et d'une réelle application au travail». À l'âge de 14 ans, ses «remarquables dispositions intellectuelles» lui valurent d'entrer pour 6 ans au Collège d'Espalion, les frais d'internat étant pris en charge par l'institution. C'est là qu'il fit la connaissance de François Gay, de Tholet, qu'il entraîna plus tard dans ses aventures argentines.

Clément Cabanettes entre en 1871 au Grand Sémimaire de Rodez. Mais la voie tracée du sacerdoce n'est pas pour lui, et il décide de s'engager dans l'armée, qu'il quittera 5 ans plus tard, en 1877, avec le grade de sous-lieutenant.

Après avoir exercé comme clerc chez un avoué d'Espalion, il “monte” à Paris où il travaille désormais dans une banque. À l'occasion d'une période d'instruction militaire qu'il effectue en tant qu'officier de réserve, il apprend que l'ambassade de la jeune république d'Argentine cherche des instructeurs pour organiser les cadres de son armée.

L'aventure commence

Si il n'y a rien de très extraordinaire, pour les Rouergats de cette époque, à tenter sa chance à Paris, le départ en Amérique est une autre affaire. Mais Clément Cabanettes est doué d'un esprit curieux, il est moderne et a tout de l'aventurier. C'est en 1879 qu'après avoir fait ses adieux à sa famille, il s'embarque pour un voyage de plusieurs semaines vers Buenos Aires.

La capitale argentine est alors en proie à des tensions entre les Porteños, habitants de la grande ville, et les “Provinciaux”. Cabanettes prend part à quelques affrontements aux côtés des révolutionnaires du docteur Tejedor, mais au moment où ce dernier déposait les armes.

Il semble que le Rouergat prit tout de même part aux derniers engagements, comme l’écrit émile Cabanettes dans son livre publié en 1973 aux éditions Subervie à Rodez.

À l'origine de la première liaison téléphonique de Buenos Aires

Renonçant à son projet de devenir instructeur militaire, il créé en 1881 une société destinée à promouvoir le tout nouveau système de téléphone inventé par Graham Bell en 1876 et devient directeur de la Société du Pan Telefono, qui utilise le système du Belge Léon de Loch. Le Rouergat sera à l'origine de la première communication téléphonique à Buenos Aires, sur une longueur d'une douzaine de “cuadras”, soit environ 1.500 m, entre le théâtre du Coliseum et la Municipalité, et ses premiers abonnés furent Bernardo de Irigoyen, ministre de l’Intérieur, et le général Roca, président. Il y a encore quelques années, une plaque apposée sur le bâtiment de la Telefonica Argentina évoquait cet évènement, et le nom de son fondateur, Clément Cabanettes.

De la communication à la terre

Mais l'entrée d'une autre firme dans l'affaire, à l'origne d'un désaccord, poussa Clément Cabanettes à chercher fortune ailleurs. Si la technologie le passionnait, son caractère d'homme de la terre le poussa à s'intéresser à la grande aventure du peuplement de l'Argentine. En cette fin de XIXe siècle, le pays commence à peine à s'étendre vers le Sud, dans cette pampa dont on chasse progressivement les indiens et qui reste à peupler.

Clément Cabanettes imagine alors réaliser un projet qui lui trotte dans la tête depuis son arrivée dans cette Amérique de tous les possibles : la création d'une colonie agricole pour des familles aveyronnaises. Mais c’est une autre histoire.

À suivre : Épisode 2

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