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Échange de maisons. Une autre philosophie du voyage et du tourisme

Actualité. Le système d'échange de maisons est apparu dans les années 1950, mais il connaît un essor important depuis une dizaine d'années. De nombreux Aveyronnais sont adeptes de ce système qui permet de partir plus loin, plus souvent. Et surtout autrement. Parmi eux, Eva et Vincent, dans l'Espalionnais.

Échange de maisons. Une autre philosophie du voyage et du tourisme
En Aveyron, 355 logements ou chambres sont inscrits 
par 172 membres sur le site HomeExchange, 
leader mondial de l’échange de maisons.

Échange de maisons

Depuis janvier 2023, près de 1.200 voyageurs, représentant environ 7.000 nuitées, ont séjourné en Aveyron dans le cadre d'un échange de maisons par le biais du site HomeExchange (“échange de maison”, “troc de maison”), leader mondial de ce secteur en pleine expansion.

un système inventé par des enseignants

Ce sont des enseignants américains, suisses et néerlandais qui sont à l'origine du concept d'échange de maisons. Cette pratique, restée longtemps confidentielle, s'est d'abord développée aux États-Unis, avant d'atteindre l'Europe. Depuis le début des années 2010, elle s'est peu à peu installée en France, où elle connaît une évolution exponentielle depuis 2019, l'Hexagone rassemblant aujourd'hui la plus grande communauté d'échange de maisons dans le monde.

Alors que 115.000 logements ou chambres sont référencés en France sur le site de HomeExchange, l'Aveyron en compte 355, inscrits par les 172 abonnés du département : «Il y a plus de logements que de membres, car certains en proposent plusieurs», explique Fanny, une responsable du site : «Certains ont aussi deux annonces, car ils proposent la maison entière ou une chambre seulement».

«Le vrai sujet, c'est la première fois»

Échanger sa maison avec des inconnus peut paraître déroutant de prime abord, mais expliqué par Eva et Vincent, propriétaires à proximité d'Espalion, c'est en fait très simple.

«Nous avons découvert le principe il y a 6 ans par l'intermédiaire d'un cousin», précisent-ils. «Le connaissant [NDLR : sous-entendu, ce n'est pas un farfelu], je me suis dit qu'on pouvait essayer aussi», continue Eva.

Vincent et Eva, qui voyagent avec leurs enfants, devenus des adolescents, le concèdent : «Au début on a une petite appréhension, laisser la maison à des inconnus, la première fois, c'est un peu stressant». Car comme le dit Vincent, «pour beaucoup de choses, le vrai sujet c'est la première fois». Pour ces Nord-Aveyronnais, c'était avec un couple de Bretons, «débutants comme nous, et ça s'est très bien passé !».

«C'est comme si on laissait la maison à des amis»

Dans l'ensemble, les “échangeurs” de maisons sont dans un même état d'esprit de respect. Mais pour affiner ses choix, Eva se base sur le système de notation du site, alimenté par les utilisateurs, et basé sur la conformité de la description de la maison, la propreté, les informations délivrées, notamment pour accéder au logement, récupérer les clefs...

«Je choisi des personnes dont le profil me convient, plutôt des familles avec enfants ou des couples, on évite les groupes, et je privilégie les échanges de maisons principales». Et pour s'assurer qu'il n'y ai pas d'erreur de casting, Eva privilégie le contact en amont : «Je passe du temps, j'appelle, je fais des mails, parfois des visios... on croise peu les gens, d'où l'importance d'échanger avec eux.»

Depuis ses débuts, le couple n'a rencontré que deux fois les personnes avec lesquelles ils échangent, et ils s'accordent à dire que «c'était génial !»

Une fois le premier pas franchi, le pli est pris : en 6 ans, Eva, Vincent et leurs enfants ont procédé à 62 échanges, et sont partis, parfois pour de courts séjours, une cinquantaine de fois, à Berlin, Amsterdam, Madrid, San Sebastian, la Suisse, Bruxelles, etc. mais aussi la France : le Mont Saint-Michel, Bayonne, Bordeaux, Pont l'Évêque...

«Il faut être serein» résume Vincent, «c'est comme si on laissait la maison à des amis».

«C'est comme à la maison, on peut avoir des galères»

Au total, Eva et Vincent ont rencontré peu de problèmes, tout au plus l'abat-jour d'une lampe de chevet cassé par un enfant, tout de suite signalé par les occupants de leur maison. «Une fois, on a eu une fuite d'eau à Brest, mais ça a vite été réglé avec la personne de confiance à qui le propriétaire doit laisser des clefs : c'est comme à la maison, on peut avoir des galères», philosophe Vincent, précisant qu'en prime, «c'est rassurant d'avoir quelqu'un chez soi quand on y est pas».

Quand l'échange porte sur une résidence principale, il est également possible d'avoir à s'occuper des chats, ou de pouvoir bénéficier de la voiture des hôtes, autant de points qui sont bien entendu acceptés et entendus au préalable. Mais l'échange peut également porter sur une résidence secondaire, un mobil-home...

Réciprocité ou gain de points

À l'origine, l'échange consistait à aller chez les gens et vice-versa. Mais le système a évolué. Ce sont deux Français, Emmanuel Arnaud et Charles-Edouard Girard, créateurs du site GuesttoGuest (“invité à invité”), qui ont introduit le système des points dans l'échange de maisons en 2011, avant d'absorber en 2017 l'américain HomeExchange.

Eva confirme : «Le tout réciproque qui était de mise au début a un peu perdu au profit des points». Mais que l'échange se fasse dans la réciprocité ou dans l'obtention de points, il exclut toute contrepartie financière, à l'exception de l'adhésion à la plateforme de prestation (160 euros par an chez HomeExchange). Le principe reste le même : mettre à disposition son logement. Selon le nombre de points d'échange qu'il représente, son propriétaire les accumule en fonction du nombre de nuitées pour les utiliser à son tour.

Une autre philosophie du voyage

Chez eux, Eva et Vincent laissent un véritable guide pour vivre la maison dans les meilleures conditions, mais également pour découvrir le Nord-Aveyron, qu'ils sont heureux de faire connaître. C'est d'ailleurs ce qu'ils attendent en allant chez les autres : vivre un peu en immersion. Des autres qui, comme eux, laissent en général des cadeaux de bienvenue à leurs hôtes, petites attentions appréciées, même (et surtout) lorsqu'on ne se connaît pas.

Quant au voyage, ils l’appréhendent différemment : «Même si on a une idée générale de la destination, le choix se fait dans la recherche, l'échange avec les hôtes, et on se décide parfois selon les personnes, les maisons», explique Vincent, pour qui «c'est une autre philosophie du voyage, on ne sait pas toujours à l'avance où on va aller».

Prochaine destination ? «Entre autres, New York. On n’y aurait pas pensé, mais des New-Yorkais ont mis un coup de cœur sur la fiche de notre maison, nous sommes entrés en contact et ils sont venus chez nous l'année dernière : l'an prochain nous allons chez eux !»

Pour Eva et Vincent, ce mode de voyage, «qui permet de partir plus loin, ou plus souvent», du fait des économies réalisées, est «une super expérience» qu'ils ont recommandée à de nombreux amis.

XP

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