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Dans le rétroviseur. Saint-Côme : La place de la Barrieyre au fil du temps

Dans le rétroviseur. Saint-Côme : La place de la Barrieyre au fil du temps

Les travaux du Tour de Ville, débutés mercredi 5 mai dernier par le décaissement de la rue des Fossés, sont arrivés place de la Barrieyre après le week-end de l'Ascension. Ces travaux nous donnent l'occasion de rappeler que nos espaces publics, qui semblent immuables, ont parfois bien changé au fil du temps.
Ainsi la place de la Barrieyre, qui comportait pont-levis et barbacane — ouvrage défensif avancé — du temps où elle était l'entrée principale de la cité fortifiée : elle s'est successivement appelée place de la Barrieyre, son nom actuel, place de la Peyre Foirale, quand les foires s'y tenaient, avant le nivellement du Tour de Ville sur les anciens fossés, en 1832, place du Triomphe du Peuple sous la Révolution, et place de la Mairie jusque dans les années 1970, quand la municipalité y siégeait.

Le four et la prison

Deux bâtiments aujourd'hui disparus réduisaient sa surface jusqu'au XIXe siècle pour l’un et 1914 pour l’autre : le four, parcelle 266, qui était accolé à l'actuel salon de coiffure, et dont le propriétaire, en 1826, était Sotholin, qui possédait également la maison cadastré sous le numéro 216. Était-ce ce bâtiment qui accueillait, jusqu'en 1870, les poids et mesures (lo peyro foyralo) et servait de halle aux grains ? On ne sait pas, mais c'est probable. Est-ce ce four qui a donné son nom à la rue éponyme qui entre dans la cité médiévale juste en face ? Rien n'est moins sûr, car elle tient peut-être cette appellation d'un four plus ancien situé intra-muros.
Un autre bâtiment bordait la place : dans le Bulletin d'Espalion du 21 mars 1914, on peut lire que la municipalité de l'époque, représentée par son maire Charles Boscary, «a réussi à acquérir la terrasse de Mme Tarral, (...) dominant la rue, et qui formait une dépendance de la grande et ancienne maison Pons de Caylus [NDLR : Mme veuve Tarral était la dernière descendante de cette famille]. Cette terrasse a été aussitôt rasée et sa disparition donne à la petite place plus d'air. Tout le monde est ravi de cette amélioration.» Le rédacteur suggère également qu'on pourrait donner à cette place le nom de Pons de Caylus.
Une annonce légale parue le 11 décembre de la même année nous apprend que le bâtiment forme «une parcelle rectangulaire de neuf mètres quatre-vingt centimètres de longueur sur trois mètres cinquante de largeur environ», et que le «prix de la vente a été fixé à deux mille francs».
De ce bâtiment, visible sur une carte postale, on peut supposer qu'il a servi de prison, comme le suggèrent Marcel Carnus et Émile Cabanettes dans leur ouvrage sur Saint-Côme paru en 1966 : «À la fin du XVIIIe siècle, son emplacement [la prison] se trouvait dans un bâtiment adossé à la porte de la Barrieyre».
Ce qui est certain, c'est que la pelleteuse a rencontré, sous le pavage du XIXe siècle, de nombreuses pierres — galets, calcaires et grès — de taille imposante.

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