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Chine. Mao Jinping, pire qu’une farce sordide

illustation du Bulletin d’Espalion
Xi Jinping imite Mao Zedong. La Révolution culturelle (1966/1976) a tué quelque 20 millions de Chinois et en a persécuté 100 millions. Alors, que sera le nouveau sursaut totalitaire de Xi Jinping ? Si, comme l’énonçait Marx, « Tous les grands événements et personnages de l’histoire du monde se produisent pour ainsi dire deux fois… la première fois comme une grande tragédie, la seconde fois comme une farce sordide… », il faut en effet s’attendre à de nouvelles souffrances pour le peuple chinois.
L’État chinois veut tout gérer, l’immobilier aussi bien que le soutien scolaire, les frais de santé, les mœurs, les esprits et les âmes… Le 31 août dernier, l’État a fixé à trois heures le week-end le nombre d’heures hebdomadaires que les enfants de moins de 18 ans pourraient consacrer aux jeux vidéo. Les firmes qui éditent ces jeux devront décompter les heures de chaque enfant devant sa console. Les fan-clubs sont réprimés, les stars jugées trop efféminées sont chassées des médias télévisés… La pensée de Xi Jinping a remplacé le petit livre rouge et doit être apprise par cœur dans les écoles.
Après que la Chine s’est développée dans un socialisme de connivence qui a permis à de grands entrepreneurs de faire prospérer leurs entreprises oligopolistiques, notamment dans l’e-commerce, à l’abri du parti communiste, l’heure semble venue du démantèlement. L’État reprend la main. Jack Ma d’Alibaba, Colin Huang, fondateur de Pinduoduo, Richard Liu, fondateur de JC.com sont mis au pas. D’autres se retirent sous la pression comme Colin Huang et Zhang Yiming, fondateur de ByteDance (propriétaire de TikTok). Parallèlement de nouvelles réglementations viennent pénaliser l’activité de ces groupes. Au prétexte de mettre fin à la corruption, qu’il a créée, et aux monopoles qu’il a favorisés, l’État prend les commandes et récupère la masse de données colossales sur les comportements des consommateurs chinois que l’entreprise Alipay, du groupe Jack Ma, a accumulée sur son milliard de clients.
Des artistes, des journalistes et directeurs de journaux disparaissent, des avocats, des intellectuels sont emprisonnés pour leurs opinions. Les Ouïgours sont enfermés et « rééduqués » pour leur religion. Hong Kong devient une prison, mais la Chine entière est surveillée par vidéo-surveillance et par l’emprise numérique. Ceux qui sont mal notés sont interdits de déplacement. Les chrétiens sont soumis au Parti. Au prétexte d’une route de la soie, la Chine étend son influence en prêtant de manière usuraire à de nombreux pays pour mieux les assujettir et s’installer chez eux. Dès à présent elle envahit le domaine maritime de ses voisins…
Pour justifier sa politique, le Xi Jinping exprime sa volonté de créer une nouvelle « prospérité commune », à la fois matérielle et spirituelle. Un thème maoïste déjà utilisé lors de la collectivisation des terres dans les années 1950 ! Il est sans doute inquiet de l’excès d’inégalité qu’il a créé lui-même. C’est en Chine, l’un des pays les plus inégalitaires au monde, que le parlement compte le plus grand nombre de milliardaires tandis qu’on y recense encore, selon la Banque mondiale près de 400 millions de personnes pauvres (soit 30 % environ de la population), en dessous d’un seuil de pauvreté à 5,50 dollars par jour.
Mais tandis que nous n’étions que quelques-uns à dénoncer depuis toujours le totalitarisme chinois, la seule bonne nouvelle est que désormais le monde en prend conscience et va peut-être réagir. Certes, il y a encore des naïfs : du Pape François qui a livré au Parti la communauté des catholiques romains persécutés et s’est abstenu de dire un mot sur Hong Kong aux fonds d’investissement Black Rock et Goldman Sachs qui s’aventurent encore en Chine. Mais beaucoup d’investisseurs sont perplexes, même quand ils étaient plutôt favorables à la politique chinoise. Ils découvrent que les entreprises étrangères en Chine n’y ont été acceptées que pour autant que leurs savoir-faire et technologies puissent être pillés. George Soros a compris et en a replié ses investissements.
À cet égard, Trump avait vu juste et Biden semble ne pas remettre en cause sa politique de « containment » ou endiguement de l’expansionnisme chinois. L’Europe elle-même y semble désormais sensibilisée. C’est pourtant sans doute parce que l’Europe apparaît encore trop faible et trop instable que le bloc anglo-saxon États-Unis - Royaume-Uni et Australie a décidé sans délai de former une ligne de défense antichinoise dont le contrat de sous-marins nucléaires avec la France a fait les frais.
On peut croire légitimement que la tyrannie ne porte jamais durablement de bons fruits. C’est la notre chance peut-être que la Chine s’affaiblira par elle-même. À condition toutefois qu’on ne l’encourage pas dans sa politique d’endoctrinement et de soumission et que se ressaisissent ceux ont succombé aux appâts empoisonnés de la Chine comme l’Italie qui a accepté les crédits des routes chinoises de la soie en 2019. Si nous voulons éviter d’être réduits à « un petit cap du continent asiatique » qu’évoquait Paul Valéry, il faut s’unir contre le totalitarisme chinois. L’avenir n’est jamais définitivement acquis comme l’a démontré la chute du mur sur laquelle bien peu auraient parié quelques années seulement auparavant. Mais il faut y travailler, convaincre, et faire vivre notre état de droit et nos libertés pour qu’ils donnent envie à d’autres de les pratiquer.
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