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Sarah conte.... Des Noëls d’antan

Actualité. Sarah Ayral, Espalionnaise, aide à domicile, mais également musicienne, taquine aussi la plume sous le joli nom de “Sarah conte... vos histoires”. En cette période de fêtes, elle nous raconte quelques souvenirs de Noëls d'antan qu'elle a recueillis auprès d'anciens.

Sarah conte.... Des Noëls d’antan
Cinestock - stock.adobe.com

Sarah conte...

C’est en traversant le Pont vieux, un jour où le Lot bombe le torse et où l’odeur des cheminées alentour me rappelle comme j’aime cette période, que j’ai eu l’idée. L’idée d’interroger mes diverses rencontres sur leurs Noëls d’antan.

Du haut de mes 31 ans, je réussis d’ores et déjà à apercevoir l’impact des différentes époques sur l’intensité des festivités de fin d’année. Humblement, je me questionne sur la simplicité, le partage et la convivialité essentiels à ces rassemblements et pars donc à la rencontre de quatre habitants de nos contrées. Chacun d’entre eux me raconte un souvenir marquant d’un Noël en particulier.

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Houx & madeleine

Je grimpe sur les hauteurs d’Espalion, en face, le château de Calmont, posé là, encadré par une baie vitrée comme un beau tableau. Chez Renée, elle me conte avec douceur et intérêt son enfance près de la Vitarelle, au Cayrol, le pays de l’ardoise.

Une branche de houx en guise de sapin les contentait, les guirlandes ne se trouvaient pas encore alors il était important de repérer selon les années, quels arbres offraient des baies rouges pour un peu plus de couleurs. Sans véhicule et entouré de neige, la famille restait en comité restreint pour le jour J, seulement quelques kilomètres à pied pour rejoindre une tante habitant non loin de là.

Renée se rappelle un Noël en particulier où un entrepreneur dans le charbon s’était installé près de chez eux. Le père aidant à la manutention, avait pu cette année-là, offrir des jouets à ses enfants. Un jeu de cube pour Renée et une charrette d’âne pour son petit frère de 3 ans. Elle s’amuse d’ailleurs à me raconter que ce dernier, en voulant prendre soin de son cadeau adoré, l’avait enveloppé dans du papier journal et rangé dans le foyer de la cuisinière. Leur mère, une fois rentrée, attisant le feu, se rend compte d’une fumée démesurée… Pauvre charrette !

D’autres années, la mère de famille fabriquait à ses enfants des poupées en chiffon ou en tricot. Aussi, elle envoyait ses trois petits garder les moutons dans la plus lointaine pâture pour avoir le temps de leur cuisiner par surprise des madeleines, bien appréciées à leur retour, on l’imagine.

Et le chocolat ? Renée précise qu’en étant 4 enfants, les tickets de rationnement accordés pour le chocolat durant la guerre étaient assez nombreux pour que leur mère puisse en faire profiter la cuisine et leurs papilles.

Ma conteuse se souvient qu’une fois plus âgée, la fratrie pensait «pourvu qu’on ait les crompes à Noël, pour s’offrir des choses !» (crompar, “acheter” en occitan.) C’est dans la sagesse que se termine notre discussion ; Renée relève l’opulence peut-être trop présente dans les fêtes d’aujourd’hui et souligne qu’avec simplicité, les moments peuvent être tout aussi agréables.

Entre Sonilhac et Paris

Non loin du couvent de Malet, à Saint-Côme, je retrouve Raymond et Jo Lacan. L’un apaisé de prendre soin de son jardin, l’une souriante de m’accueillir dans la maison familiale qui abrite tant de souvenirs.

Ils sont nés tous deux à Sonilhac, loin d’imaginer qu’ils se retrouveront des années après au sein de ces mêmes terres. Avant ça, c’est à L’Haÿ-les-Roses (94) que Josette et sa sœur Éliane ont grandi et se sont créé des souvenirs.

Voici le premier ; avec précision, Jo se remémore un des cadeaux utiles cousus de sa grand-mère douée de ses mains ; une robe de chambre moelleuse à souhait, rouge et bleu clair, réversible, avec inversement des couleurs. Une description digne d’un catalogue qui note le souvenir intact et adoré. Puis des poupons d’une qualité dont Jo se souvient encore, et les chaises hautes qui vont avec, bleues.

Lorsque les Noëls étaient aveyronnais, pas de sapin, mais des “cades” bien sûr, les fameux genévriers utilisés encore aujourd’hui pour les vœux de mariage notamment. Une année, où le secret du père Noël était déjà lointainement révélé, Éliane suivie de Josette ont entrepris de fouiner dans toute la maison à la recherche des cadeaux cachés et trouvés ; une curiosité d’enfant qu’on avouera tous avoir déjà eu.

Puis à table ? Jo résume ses souvenirs à «de la dinde et du champagne», ce qui pourrait toujours être d’actualité. Du côté de Raymond, à Sonilhac donc, il y avait 8 enfants, et pour eux, l’odeur de Noël n’était autre que celle des oranges et des crottes en chocolat, uniques présents du jour pour les petits de cette famille nombreuse. Pour eux, un goût acidulé, un autre sucré suffisaient à faire du 25 décembre une date à souligner. Celle où on se retrouve, où on discute, où on chante Minuit chrétien en famille et où le temps s’adoucit l’espace d’un temps.

Aujourd’hui, dans la famille Lacan, le temps de Noël a toujours l’odeur du partage et de la gourmandise. Nul doute, un repas plus étoffé, de nouveaux yeux d’enfants à émerveiller et toujours Minuit chrétien comme ritournelle essentielle.

Entre messe et poupons

D’un bond, je retrouve Jeannine Ayral à Lévinhac, qui a grandi à Saint-Chély tout d’abord puis à Saint-Côme. Née d’un papa tailleur, Jeannine m’explique avec entouthiasme qu’elle et ses frères et sœurs trouvaient toujours des cadeaux à déballer au moment de Noël. Les poupées, c’est ce qu’elle préférait.

Aujourd’hui, elle se plaît à feuilleter les pages des catalogues pour enfants, se rappelant le plaisir de les recevoir, jadis. Regard malicieux et sourire en coin, elle se souvient d’un échange avec sa mère sur l’existence du Père Noël ; se demandant s’il y aurait toujours des cadeaux une fois le secret révélé. La solution était trouvée, le secret le resterait le plus longtemps possible.

Jeannine se souvient de l’amour de ses parents, de l’intérêt de sa mère à lui cuisiner des repas à son goût. Je vois dans cet échange la douce nostalgie dans les yeux de Mme Ayral, comme si l’amour passé de ses parents enveloppait toujours son cœur et sa mémoire.

Grâce à ces souvenirs, elle se remémore l’époque où elle était très coquette, l’époque où elle participait aux défilés des chars fleuris à Saint-Côme (dont un conduit par son amoureux, elle aime à le préciser). Puis comme un rendez-vous inratable, la messe de minuit, qui rassemblait à l’époque les âmes et les êtres désireux de partager leur foi et leur joie. Malgré les réveillons enneigés, la famille parcourait les 2 km séparant la maison de l’oncle, de l’église. «Lève les jambes, lève les jambes !» conseillait son père avant, comme tous parents, de craquer et de la prendre sur ses épaules. Encore un souvenir léger que Jeannine aime me conter.

Nous finirons notre échange en chantant, Jeannine en tête, suivie de Pierre et Thibaut, ses petits-fils. Minuit chrétien, dont elle connaît la mélodie et les paroles, comme si l’église de Saint-Chély et les épaules de son papa étaient encore tout près.

Un joyeux Noël

Voici mes quelques rencontres, parlant d’un thème qui nous est cher à tous. Noël peut à la fois réchauffer les cœurs, mais aussi les refroidir si la vie ne nous permet plus de le partager. Il peut aussi avoir un goût de trop, être écœurant si on se laisse happer par la frénésie commerciale et la démesure.

Sans excès, apprécions-le pour la base de ce qu’il représente. Avec générosité, simplicité, rire et partage, je vous souhaite à tous et à toutes un joyeux Noël, oranges, crottes en chocolat, dinde et champagne.

Merci à Renée, Raymond, Jo et Jeannine pour ces transmissions. Ces échanges de bontés et d’altruisme sont d’ores et déjà représentatifs des valeurs essentielles à Noël.

Sarah Ayral, Sarah conte vos histoires, biographe (06.13.68.92.44)

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