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Chronique d’un voyageur espalionnais. Carnet de voyage : Mon Tour de France à pied (VII) La fin du voyage

Aveyron. C’est la dernière fois qu’on retrouve Hervé et Samba sur les chemins de France. Après avoir longé la Charente et flâné dans les vignes bordelaises, Hervé marche dans ses souvenirs d’enfance et retrouve les paysages du Pays Basque si chers à son cœur. Mais après les effluves océaniques, les deux compagnons affrontent les sommets pyrénéens. Des montagnes qui réservent de nombreuses surprises à Hervé et Samba avec une aventure qui se finit plus abruptement et rapidement que prévu. 

Chronique d’un voyageur espalionnais. Carnet de voyage : Mon Tour de France à pied (VII) La fin du voyage
Samba pose fièrement devant la Tour Monréal à Sauveterre-de-Béarn.

Chronique d’un voyageur espalionnais

Tout juste repartis de La Rochelle, nous passons dans la ville de Rochefort. Un pont plutôt particulier attire mon regard. Nous longeons la Charente pour nous retrouver au pied du Pont Transbordeur. Cet ouvrage permet de faire passer véhicules et piétons de l’autre côté de la berge grâce à un système de plateforme coulissante et ce, sans gêner le trafic maritime. Construit au début du XXe siècle, il n’existe aujourd’hui plus que huit ponts de la sorte dans le monde. Pour l’anecdote, Claude François s’était retrouvé bloqué au pied de ce pont après une course-poursuite avec la police en 1965. Nous arrivons quelques kilomètres plus loin sur les berges de la Gironde. Les vignes font leur retour dans le paysage, annonçant l’arrivée en terres bordelaises. Je m’arrête deux jours pour visiter Bordeaux, avant de repartir en direction des Landes.

À la conquête des Pyrénées

Les méandres de la Gironde sont remplacés par de grandes lignes droites et les vignes par des pins. C’est un décor complètement différent mais le soleil rasant passant entre les pins matin et soir crée de magnifiques ambiances. Arrivés à Mont-de-Marsan, nous prenons le train pour rejoindre Orthez, cent kilomètres plus au sud. C’est ici le début du Pays Basque, région où je venais souvent petit. Je suis content de retrouver ces maisons blanches aux volets rouges, les murs de pelote basque mais aussi, et surtout, les montagnes ! La chaîne des Pyrénées se dévoile sous mes yeux. Nous passons Sauveterre-de-Béarn, un joli petit village fortifié. Une imposante tour se dresse face à nous. Elle accueillait autrefois les pèlerins en direction de Saint-Jacques de Compostelle. Mais nous ne nous arrêtons pas ici pour la nuit et continuons notre chemin.

Les jours suivants, nous longeons les Pyrénées. Sur l’itinéraire que j’avais prévu, j’espérais emprunter le GR10, ce chemin de randonnée qui traverse les Pyrénées d’un bout à l’autre. Mais nous sommes mi-novembre et les températures ont bien chuté, la neige est présente dès 1.400m d’altitude. Je privilégie donc le GR86 qui passe plus dans les vallées et qui monte au maximum jusqu’à 1.200m. Cela ne m’empêche pas d’avoir de superbes points de vue sur la chaîne des Pyrénées. Il n’y a pas à dire, pour moi, la montagne reste le meilleur endroit où randonner. C’est certes plus dur physiquement mais le cadre est vraiment génial.

Après Lourdes, direction Toulouse

Après une grosse semaine de pluie, nous voilà à Lourdes, trempés. Petite pause presque obligatoire pour visiter la grotte surplombée par l’imposante basilique Notre-Dame. Le reste de la ville est vraiment triste. Des dizaines et des dizaines d’hôtels, des magasins de souvenirs… Bref ça respire le business lié au pèlerinage ! C’est d’ailleurs la deuxième ville hôtelière de France, après Paris.

Nous repartons de Lourdes comme nous sommes arrivés : sous la pluie ! Le soleil ne nous rejoindra que quelques jours plus tard au moment de franchir le col de Portet d’Aspet, ce col mythique du Tour de France. Une fois dépassé, c’est le début de l’Ariège. Nous faisons une pause à Castillon-en-Couserans, non loin du lac de Bethmale. Nous sommes début décembre et c’est désormais l’heure de remonter en direction de Toulouse, étape que j’attends avec impatience ! Mais alors qu’il ne reste plus qu’une cinquantaine de kilomètres pour atteindre la ville rose, nous nous faisons attaquer par des Cane Corso, des chiens de garde, aux abords d’une propriété non clôturée.

Attaque de chiens et morsure

Samba se fait mordre à plusieurs reprises à la cuisse avant de donner à son tour des coups de dents pour se sortir de cette situation. Au moment où elle s’enfuit, la propriétaire des chiens arrive pour les récupérer. Je m’en vais m’occuper de Samba qui a la cuisse en sang. J’ai la chance d’avoir le contact d’Océane, une fille qui n’habite pas très loin et qui me suit sur Instagram. Elle était censée nous accueillir le lendemain soir mais vient nous chercher tout de suite pour emmener Samba chez un vétérinaire. Samba a dû être opérée et a besoin de quinze jours de repos. Il ne nous reste qu’une dizaine de jours pour atteindre Espalion, alors je décide de mettre un terme à l’aventure ici. Nous rejoignons Toulouse en fin de journée grâce à mon frère venu nous récupérer. Ce n’est pas la fin de voyage que j’imaginais et encore moins celle que j’espérais. L’important cependant est que Samba se repose pour que ses plaies cicatrisent correctement.

C’est donc après 6.300km de parcours (dont 4.500km de marche) que nous rentrons à Espalion, en train. Je suis forcément un peu frustré, moi qui tenais à rentrer à pied, comme j’étais parti. Mais je préfère me concentrer sur les neuf mois extraordinaires qui viennent de passer. Des semaines remplies de rencontres, de découvertes, de paysages variés qui font qu’aujourd’hui je suis fier d’avoir accompli un tel périple. J’étais parti dans le but de profiter et de prendre du temps mais aussi afin de découvrir la France. Je peux aujourd’hui vous dire que nous avons un très beau pays et que les Français, quoi qu’on en dise, sont très accueillants. Peu importe la région, j’ai toujours trouvé de l’aide lorsque j’en avais besoin et j’ai régulièrement été invité à dormir chez les gens, sans avoir besoin de toquer aux portes. Fin.

Hervé

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