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Un jour, à Espalion…. Hilarian : le saint introuvable ! (8/12)

Un jour, à Espalion…. Hilarian : le saint introuvable ! (8/12)
Les reliques distribuées sont aussi mentionnées dans les anciens documents. Le culte des reliques est né au IIIe siècle à Rome où l’on célébrait la messe sur le tombeau d’un martyr aux catacombes. Du IVe siècle au IXe siècle, les ossements des catacombes sont vendus en grandes quantités, la demande étant forte…
Après le IXe siècle, les organisateurs et profiteurs de ce commerce lucratif désirent s’approprier des reliques de saints célèbres quitte à fabriquer une star locale comme saint Hilarian.
Pierre Blanc écrit en 1977 : «(…) posséder des reliques, c’est pour une église bénéficier de protecteurs mais aussi attirer les pèlerins… et leurs offrandes. D’où le prix inestimable, pour nos aïeux, de la capsa de San Ylarie», il s’agit de la châsse de saint Hilarian. Il ajoute : «Les pèlerins de Compostelle sollicitaient l’intervention de tous les bienheureux dont le sanctuaire et les reliques se trouvaient sur la route.»
Les moines de Conques avaient trouvé un filon…
Camille Belmon confirme que d’après le procès verbal dressé par le secrétaire de l’évêque, comme Henri Affre l’écrit en 1862, François d’Estaing consacre l’église St-Jean-Baptiste le dimanche 9 octobre 1524. Ce jour-là donc, de très bonne heure l’église et l’autel sont consacrés en grande pompe. Henri Affre mentionne que la vieille : «(…) On déposa dans ce but les reliques des saints devant la porte de l’église, où elles furent pendant la nuit confiées à la garde de quelques prêtres choisis tout exprès.» Il ajoute : «(…) les reliques des saints Hilarian, Blaise, Fabien et Sébastien momentanément exclus, reprirent leur place d’honneur accoutumée (…).» A l’ouverture du tombeau de saint Hilarian pour la translation, le 12 octobre 1524, le squelette n’aurait donc pas été entier puisqu’une relique du saint se trouvait déjà à l’église.
L’abbé Louis Servières mentionne que le 12 octobre 1524, «François d’Estaing octroya au recteur ou à son vicaire, ainsi qu’aux consuls, aux corporations et aux autres habitants de la paroisse la faculté de transférer et d’élever en un lieu de l’église plus éminent le corps du saint après l’avoir renfermé dans une châsse de cuivre ou de bronze ou d’autre matière précieuse.» Et «Il manda et ordonna qu’il fût ainsi exécuté sous peine d’excommunication et autres censures.» Par la suite, faute d’argent la châsse est enfermée tardivement dans une autre matière.
Dans les comptes consulaires de 1524 – 1525, la châsse de saint Hilarian est mentionnée en bois. On note que celle-ci devait être revêtue d’une châsse de métal… plus tard !
En 1524, il est noté la réparation «caisse de bois de sanct Ylaria» (Archives communales série CC).
Toutefois, pour l’abbé Joseph Touzery, en 1922 : «la châsse est de bois, renfermée dans une urne de métal.»
La châsse du saint appartient à la commune aussi, lors d’emprunt auprès de particuliers, elle sert de garantie.
En 1524, à Flaujac, François d’Estaing constate la présence d’une relique de saint Hilarian dans l’église de cette localité.
Le 6 avril 1627, lors de l’inventaire des reliques de l’église St-Jean-Baptiste, on mentionne : «un doigt de Saint Hilarian, plus une pièce d’os du crâne de la tête.»
Le 4 août 1668, l’église de Thérondels reçoit une relique de saint Hilarian offerte par De Voyer d’Argenson, vicaire général.
D’après Papebrock qui enquêtait en 1690 : «À l’abbaye de Bonneval se trouve une châsse d’argent qui renferme un os du bras d’un saint, on croit qu’il est de saint Hilarian cet os.» Et il poursuit : «dans l’église de Perse, on montre une antique châsse dorée qui renferme presque tous les os d’un même corps très blancs et très durs.» Il ajoute : «Le clergé ne l’expose pas car on ignore s’il s’agit de saint Hilarian.»
En 1956, le père Pierre Blanc rapporte que, d’après Mgr de Ramond-Lalanne dans «Le propre des saints du diocèse» de 1824, dans l’église St-Jean-Baptiste à Espalion, on trouve selon Mgr de Saléon qui y fit une visite pastorale le 27 avril 1738 : «un buste argent dans lequel est un doigt de saint Hilarian. Une partie du corps de ce saint est dans un petit coffre de bois.»
Louis Servières souligne qu’avant la Révolution, dans l’église de Perse, une ancienne châsse dorée conservait des os : «On croit que c’était les reliques de saint Hilarian.»
En 1793, cette châsse est vendue aux enchères publiques. Les os durent être jetés, écrit-on ici et là, personne ne sait ce qu’ils sont advenus…
Les translations solennelles font parties des documents fournis lors du procès. La translation est le transfert des reliques d’un saint d’un lieu à un autre alors que la translation simple signifie le vol d’une relique (c’est le cas pour Ste Foy à Conques)…
En 1877, l’abbé Louis Brévier fouille un placard dans la sacristie de l’église de la rue Droite, et que trouve-t-il ? Un coffret de bois de chêne, fermé par un cadenas rouillé. Et dans ce coffret, il trouve un doigt et un morceau d’os de crâne, avec l’inscription de saint Hilarian. Il vient de «retrouver» deux reliques mentionnées par «l’inventaire et vérification des reliques en l’église Saint-Jean-Baptiste d’Espalion» fait le 6 avril 1627. Qu’étaient-elles devenues entre-temps ?
À l’automne de 1840, «deux jeunes gens d’Espalion revenant un soir de la pêche au filet, trouvèrent sur la rive droite du Lot, à quelques pas de la ville, un pantalon qui avait servi à quelque enfant pour se baigner.» Ainsi commence une fable d’Henri Affre. Nous résumons la suite : ces goujats fouillent les poches et trouvent : «un sachet de soie rouge» et que contient-il ? «Rien moins qu’une relique de saint Hilarian !»… Ils remirent cette relique à un homme qui la confia à Henri Affre. Il s’agissait d’un fragment d’os et d’un petit papier sur lequel était mentionné que l’os appartenait au saint patron de la ville. Henri Affre en prit possession : «(…) et le petit billet qui ne nous parut pas avoir au-delà de 150 ans de date.» Que de questions restent en suspens ! Etait-ce un canular ?
Les monuments deviennent témoins de ce culte.
Pour Louis Servières, en 1883 : «L’église primitive était plus humble mais l’église actuelle a été bâtie avec les pierres de la 1re Et «À l’origine Perse était un petit oratoire sur l’emplacement duquel s’est élevé vers le XIe siècle la chapelle romane actuelle.»
Deux bas-reliefs de l’église d’Espalion représentent la vie du saint, l’un d’eux aurait deux siècles et demi voire trois siècles d’existence.
Un bas-relief de Perse reprend la scène où l’on voit Hilarian baignant sa tête dans la fontaine et la portant à sa mère.
Les tombeaux décorés sont recensés, la moindre sculpture évoquant la vie du saint est décrite de même que l’autel de l’église Saint-Jean-Baptiste qui reçoit le 9 octobre 1524 une relique de saint Hilarian.
Un document mentionne le retable de Perse de 1580, transporté dans l’ancienne église Saint-Jean-Baptiste.
De plus, on rappelle qu’en 1510, la chapelle de Perse est dédiée à saint Hilarian. Mais, en 1953, A. Debuysson mentionne : «Eglise de Perse édifiée au début du XIe siècle, elle fut dédiée dès le début à St Eloi.» En 1955, cet auteur écrit : «Le tympan de Perse relate surtout l’apothéose de saint Eloy titulaire de l’église de Perse.»
Les statuts, les bannières et les images représentant le saint sont prises en compte.
Les tableaux exposés dans les églises, représentant la vie du saint, deviennent des documents. Ils témoignent de son culte immémorial.
À suivre…
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