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Mélomanie 1/3. Du CD au vinyle, retour vers le futur !

Mélomanie 1/3. Petite histoire des supports musicaux modernes. Première partie par Olivier Migaud.

Mélomanie 1/3. Du CD au vinyle, retour vers le futur !

Que serait une société sans musique ? Elle connaîtrait certainement un profond malaise. Alors, au fil du temps, plusieurs supports à la musique ont existé et se succédèrent. Il y a trente ans, en 1979, Philips annonçait l'arrivée du CD audio, mais il fallut attendre encore quelques temps pour qu'il occupe la première place. Puis ce fut comme un raz-de-marée, nombreux furent ceux qui bazardèrent leurs disques vinyles pour les remplacer par les nouveaux venus. Seuls quelques collectionneurs avertis conservèrent leurs disques et profitèrent de l'occasion pour acquérir les vinyles délaissés. En fait, on nous a un peu trop vanté le CD, soit-disant inusable, incassable, etc. Ce n'était pas exact, une micro rayure sur un CD pardonne beaucoup moins que sur un vinyle, de plus et surtout, il n'y a pas le même rapport à l'objet, le plaisir de regarder une belle pochette de disque, de collectionner les œuvres d'un artiste et de rechercher les pièces rares. Voici maintenant qu'avec le téléchargement, le MP3, le CD bat de l'aile et certains annoncent sa disparition. Il restera toutefois un excellent support pour écouter la musique en voiture, même si la clé USB est plus pratique et plus performante.

Les collectionneurs de disques vinyles existent depuis des décennies, mais la nouvelle génération s'y intéresse aussi. Beaucoup de jeunes recherchent les “galettes” (c'est le vocabulaire consacré) de groupes mythiques de pop-rock des années 60-70, alors que dans les années 70-80, c'était la ruée vers les artistes des années 50-60.

Où les trouver ?

En premier lieu, dans votre proche en-tourage, dans la famille il y a sans doute un proche qui les a gardés dans un coin mais ne les écoute pas car sa platine ne fonctionne plus ; dans les vide-greniers, marchés aux puces et magasins dépôts-ventes divers.

Dans les conventions de collectionneurs de disques, lieux incontournables pour les accrocs de galette. On y trouve de tout, des pièces courantes à petits prix ou des pièces très rares qui font rêver. Ces conventions ont un peu perdu de leur audience avec l'arrivée d'Internet et le formidable marché qui s'en suivit. En effet, il est maintenant possible de se procurer facilement des pressages étrangers, cible de choix pour tout collectionneur. Il reste aussi quelques boutiques plus ou moins spécialisées où il fait bon fouiner à la recherche de l'oiseau rare.

Les prix : parlons de sous...

Alors là, c'est parfois n'importe quoi. Collectionneur depuis quarante ans environ, j'ai assisté au bouleversement avec l'arrivée de l'euro. De petits 45 tours assez courants que l'on achetait un franc symbolique aux puces sont passés à un euro, quasiment du jour au lendemain, soit plus de six fois le prix initial. Dans les brocantes, j'ai souvent acheté moins cher à certains professionnels qui connaissent vraiment les prix, qu'à des particuliers. Par exemple, Johnny Hallyday très collectionné en France et parfois sur-évalué par les néophytes. Il en est de même pour les stars ou artistes en vue tels Elvis Presley, Serge Gainsbourg, etc.

Pour établir un prix, il y a des cotes, celles-ci sont établies en France par une revue spécialisée : Juke Box magazine, mensuel de référence qui édite aussi des argus à thème. Aux États-Unis c'est Goldmine qui fait sa loi, tandis qu'en Grande-Bretagne Record Collector est la référence. Bien sûr, ces cotes sont au besoin révisées chaque année. Contrairement à ce que j'entends trop souvent dire, il n'y a pas de cotes sur Internet ou très peu, ce qu'il y a, ce sont des prix de vente qui peuvent parfois servir de référence. Les sites de vente sont entres autres eBay, bien sûr, mais aussi Delcampe, CDLP, Amazon, Price Minister, Discogs pour ne citer que ceux-ci. Les ventes se font aux enchères ou à prix fixe. La valeur d'un disque tient bien sûr compte de sa rareté, de l'artiste concerné mais surtout de l’état de la pochette recto et verso, de l’état du disque, de celui du label. Cerise sur le gâteau, s'il y a la languette avec la pochette, c'est un plus. On appelle languette de petits rectangles de carton ou de papier attachés aux pochettes dans les années 50 à 70. Ces petits morceaux de papier, où figurent le nom de l'artiste et la référence du disque, devaient être enlevés par le disquaire quand il vendait le disque, mais souvent il ne le faisait pas pour la plus grande joie des collectionneurs actuels. Avec un état moyen, la moins-value est importante. Sur les puces, les prix les plus usités vont de un à trois euros le disque.

Les différents supports 

Il y a le 45 tours, un petit format qu'affectionnaient les teen-agers dans les années 60. Avec le baby-boom de l’après-guerre et l'argent de poche distribué plus généreusement, ce fut un véritable marché qui prit son essor. Certains artistes n'enregistrèrent qu'un disque ou deux puis disparurent ou se reconvertirent comme le fit Bernard Tapie. Il existe deux types de 45 tours : les SP à deux titres ou les EP avec 3 ou 4 titres selon la durée des enregistrements. En France, nous pouvons nous estimer heureux. En effet, nos pochettes furent parmi les plus belles du monde, avec de belles photos et glacées pour les EP, souvent avec photos pour les SP, alors qu'en Angleterre ou aux États-Unis les deux titres avaient une pochette en papier kraft ou une pochette label, c'est-à-dire au nom du label de l’éditeur. Le 33 tours qui comme son nom l'indique tourne trente trois tours à la minute, était pour les bourses plus conséquentes, ils proposent plus de titres pour une durée d'écoute plus longue.

Il ne faut pas omettre les formats bâtards ou moins répandus, 33T au format 45T, disques souples, les très rares 16 tours, les tests-pressing, disques maquettes avant l'impression définitive, et enfin les 78 tours, ancêtres de tous les disques. Ces 78 tours ne brillent pas par la qualité du son et ils sont très fragiles, mais pour un collectionneur d'Elvis Presley, avoir l'un de ces exemplaires entre les mains, cela vous remue les entrailles.

Petites histoires de galettes

Certains collectionneurs réservent parffois dans leur maison une pièce entière à leur collection, ils ont ainsi amassé 20.000 ou 40.000 disques, et c'est alors un vrai casse-tête pour savoir s'il faut acheter tel exemplaire, si on l’a déjà et dans quel état ? D'autres conservent dans leur pièce-musée tout ce qui concerne un artiste, les disques bien sûr, mais aussi les revues, films, objets. C'est un cas assez répandu pour les collectionneurs de Johnny Hallyday (voir le film Jean-Philipe avec Fabrice Luchini), mais je connais des spécialistes de Brigitte Bardot, des Beatles, Boris Vian, Georges Brassens, Georges Moustaki, Georgette Lemaire et tant d'autres. Comme certains disques très très rares sont cotés une petite fortune, de petits malins en on fait des faux plus ou moins convaincants. Ces faux ne sont pas à confondre avec les rééditions commerciales et légales d'un disque devenu rare. Ne pas les confondre non plus avec les disques pirates, commercialisés sous le manteau et produits à partir d'enregistrements pirates, de concert le plus souvent. Ces exemplaires sont très recherchés par certains collectionneurs, même si les qualités sonores laissent parfois à désirer. Il y a aussi des collections à thème, exemple, les pochettes sexy ou de pin-up, les pochettes voitures ou motos, les pochettes western ou de cow-boy, les pochettes avions, etc.

Comme pour les timbres, il existe des variantes pour les disques. J'ai compté 12 exemplaires différents pour un 45 tours des 60's de Charles Aznavour, et je connais un collectionneur des Beatles qui possède 14 exemplaires de l'album bleu de ce groupe mythique. Ces différences peuvent être flagrantes, comme carrément une autre photo au verso de la pochette ou des différences de couleur. Elles peuvent être plus discrètes comme une faute de frappe sur un titre, ou l'ordre des chansons, ou vraiment subtiles comme le nom de l'imprimeur qui change d'une pochette à l'autre. Si l'on doit bien sûr considérer la valeur marchande des objets, il serait ridicule de commencer une collection de disques uniquement par spéculation. Une collection, c'est une aventure affective, une page de mémoire et d'histoire, un témoignage. Il y a toutefois certains acheteurs qui acquièrent des disques sans les écouter, et d'autres qui les mettent dans des coffres. Qu'en sera-t-il de leur bas de laine si la cote diminuait ? Je crois cependant que si des artistes sont à la mode un certain temps puis disparaissent, d'autres marqueront les générations à venir et les témoignages sonores de leur passage seront toujours recherchés.

Olivier Migaud

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