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Religion. Le carême en 2023 : ça ressemble à quoi ?

Actualité. Jeûne, prière, aumône… Pendant 40 jours, l’Église catholique rentre en pénitence pour se préparer à la joie de la célébration de Pâques, la plus grande fête chrétienne. Ce temps liturgique instauré au IVe siècle est marqué par une série de recommandations plus ou moins inchangées au fil des siècles dont le but est toujours le même : se rapprocher de Dieu.

Religion. Le carême en 2023 : ça ressemble à quoi ?
Originaire de Campuac, le père Jean-Luc Barrié a été ordonné prêtre en 1986. C’est la sixième année qu’il est en résidence à Espalion. Il est en charge des paroisses Saint Bernard d’Olt et Saint Gausbert en Viadène.

Religion

Le carême commence avec la célébration du mercredi des Cendres. Cette année, c’est le 22 février que les croyants ont été marqués par une croix de cendre qui symbolise le caractère éphémère de l’homme. C’est le pape Grégoire 1er qui institue, en 591, la coutume de consacrer les cendres des rameaux de l’année précédente pour ensuite tracer avec ces dernières une croix de cendre sur le front des fidèles. Tradition toujours en vigueur. Le carême se termine lors de la Semaine sainte et plus précisément le Jeudi saint, avant la Cène.

De nombreuses traditions héritées des premiers siècles du christianisme

C’est lors du premier concile de Nicée, en 325, que le christianisme préconise une période de 40 jours de jeûne pour préparer Pâques. Carême vient de la contraction du mot latin quadragesima qui signifie tout simplement “quarantième”. Cette durée n’a pas été choisie au hasard par l’Église. Elle est symbolique. Elle fait référence aux 40 ans d’errance du peuple juif dans le désert, les 40 jours et nuits de jeûne de Moïse avant la remise des Tables de la Loi, mais surtout les 40 jours que Jésus a passés au désert. Le but est de se «préparer pour Pâques, la plus grande fête», indique le père Barrié, prêtre de la paroisse de Saint-Bernard d’Olt, «d’ailleurs pendant très longtemps, tous les baptêmes se faisaient à Pâques». Une tradition héritée des premiers chrétiens. Dès le premier siècle, le carême est un moment de préparation pour les catéchumènes. Aujourd’hui encore, les baptêmes d’adultes sont célébrés lors de la veillée pascale dans l’Église catholique.

L’Église se pare de violet

Durant cette période, l’Église invite «les gens à la confession aussi appelée le sacrement du pardon, à assister à la messe le dimanche et surtout au partage», rappelle le père Barrié. Le prêtre revêt une chasuble ou une étole mauve. Cette couleur symbolise le pardon, l’attente et la pénitence. C’est également la couleur du deuil. L’Alleluia et le Gloria disparaissent de l’office. Dès l’instauration du carême par l’Église, ces acclamations sont omises pendant tout le carême. Leur caractère festif ne correspond pas avec ce temps de repentance. Les fidèles retrouvent ces chants le Samedi saint, lors de la Veillée Pascale.

Trois piliers du carême

Les chrétiens ont à leur disposition trois outils pour raviver leur foi durant le carême : la prière, le jeûne et le partage (l’aumône). «Je le mets dans cet ordre-là, ce qui n’est pas courant, car pour moi tout est lié. On va d’abord donner du temps à Dieu, on accueille son amour et ensuite on va le partager», précise le prêtre.

La prière c’est se tourner vers Dieu, prendre le temps d’écouter sa parole, de méditer l’Évangile seul ou à plusieurs. C’est un temps de retraite pour réveiller et nourrir sa foi. «Le but est de se recentrer sur le seigneur par la prière. Maintenant, des temps de réflexion sont proposés dans les paroisses ou sur internet», souligne le doyen de la paroisse Saint Bernard d’Olt.

“Une face de carême”

Le jeûne est une notion ancienne. Jusqu’au IIe siècle, les premiers chrétiens suivent encore les pratiques religieuses juives. Le jeûne est très court, seulement un ou deux jours avant Pâques, mais la privation de nourriture est totale. Dès le IVe siècle jusqu’au XIIe siècle, le jeûne et l’abstinence sont obligatoires, saufs pour les malades et les infirmes. La population est invitée à ne prendre qu’un frugal repas quotidien.

C’est également l’occasion de faire durer les réserves de nourriture et d’éviter les famines. Le Vendredi saint et le Samedi, on ne prend aucune nourriture. Au XIIe siècle, les premiers assouplissements apparaissent avec l’autorisation de consommer des œufs, poissons, laitage et un peu de vin. Depuis 1949, l’Église catholique ne prescrit le jeûne que le mercredi des Cendres et le Vendredi saint.

Mais les chrétiens se privent toujours de viande le vendredi. «L’idée est de se priver de quelque chose, pas forcément de la nourriture, ça peut-être l’alcool, les écrans… L’idée est avant tout de créer le manque», souligne le père Barrié, «ça amène au partage, ça nous met en solidarité avec ceux qui ne choisissent pas cette privation. On est unis à ceux qui ont faim. L’habitude veut que le vendredi on ne mange pas de viande, mais si c’est pour la remplacer par un délicieux poisson, du caviar ou un homard, ça ne sert à rien. Le but est de se priver pour se recentrer sur l’essentiel».

L’Église prévoit des pauses durant ces 40 jours. Comme le rappelle le frère Paul-Adrien d’Hardemare, prêtre dominicain mais aussi youtubeur suivis par 156.000 abonnés, «il est interdit de jeûner les dimanches, le 19 mars, jour de la Saint-Joseph et le 25 mars, jour de l’Annonciation».

Pour ce qui est du partage, «c’est donner au plus pauvre, se détacher un peu de ma richesse, donner de mes biens. Ça peut être aussi le don de mon temps, être attentif aux autres, aller visiter une personne seule ou malade», préconise le père Barrié.

Une période de joie

Malgré l’empreinte de l’austérité et contrairement à ce qu’on peut croire, le carême est une période de joie. «Ce n’est pas du tout un moment triste, au contraire, la rencontre avec le Seigneur est une source de joie. On se libère de nos chaînes, on redécouvre sa liberté, on se délivre de nos désirs et on n'est plus esclaves de nos biens», sourit le Père Barrié, «on recherche la joie et non le plaisir, ce n’est pas pareil. C’est une recherche plus profonde, plus riche et qui dure. C’est la grande joie de Pâques».

Aline Amodru-Dervillez

Trois conseils pour vivre le carême avec le Père Barrié

1 - Prendre le temps.- «C’est un vrai luxe, mais il est important de s’arrêter. Trouver un moment dans la journée pour faire le point, prier, lire l’évangile».

2 - Ouvrir son cœur et son esprit.- «Être à l’écoute du monde, être attentif aux réalités des autres. S’ouvrir à autre chose qu'à son quotidien et prendre conscience qu’il y a tout un monde qui existe autour de nous. Prendre conscience que nous ne sommes pas le centre de l’univers».

3 - Vivre une sobriété heureuse.- «Faire le point sur ma consommation. Enlever le superflu de sa vie, se libérer du consumérisme et de la course aux biens. Le carême est le temps idéal pour faire le point et savoir de quoi je peux me détacher. De quoi je peux me passer pour vivre une sobriété heureuse ?».

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