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JO D'HIVER. Le triomphe de Pékin ?

JO D'HIVER. Le triomphe de Pékin ?

Le président Xi Jinping avait donné le ton à la veille de la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver à Pékin : «La Chine fera de son mieux pour offrir au monde des Jeux olympiques d’hiver simples, sûrs et splendides». On peut en tout cas dire que ce grand rassemblement mondial se sera déroulé sous une double bulle, sanitaire et politique. La première, provoquée par une pandémie née en Chine mais drastiquement contrôlée là-bas, a été symbolisée par ces combinaisons blanches qu’on a vues dès l’arrivée des athlètes. La seconde, résultat de la nature du régime communiste, a empêché tout contact avec la population locale mais aussi détourné les Chinois de s’y intéresser vraiment, même à Pékin, sans oublier le boycott de nombreuses nations occidentales — qui ont néanmoins laissé leurs champions s’y rendre.

Certes, l’inauguration s’est déroulée sans fausse note mais avec une certaine froideur qui n’était pas due qu’au climat. Les quelque 3.000 figurants, cinq fois moins nombreux qu’en 2008 au même endroit, n’ont pu «chauffer» le stade olympique à moitié plein. De ce côté, la ressemblance se trouvait plus avec les Jeux de Tokyo il y a six mois qu’avec ceux de Pékin il y a quatorze ans, qui avaient constitué une grande fête avec beaucoup de personnalités venues du monde entier. Cette fois, il n’y avait guère que Vladimir Poutine, heureux de manifester sa proximité avec la Chine, et quelques dirigeants ne mettant pas les droits de l’homme au centre de leurs préoccupations.

Il n’empêche : ces Jeux auront constitué pour Pékin une première historique, car la ville elle-même sera devenue la première à avoir accueilli à la fois les JO d’hiver et ceux d’été. Cela signifie que la Chine de Xi Jinping réussit un exploit au niveau mondial, ce qu’elle cherche constamment à réaliser, puisque son objectif ultime consiste à supplanter les États-Unis et à devenir la seule hyperpuissance. Opiniâtre et malgré tout prudent, l’«empereur rouge» engrange ainsi un succès non négligeable, notamment auprès de ses concitoyens mais aussi dans l’opinion publique et chez les dirigeants de tous ces petits et moyens pays qu’il s’efforce de gagner à sa cause, ne serait-ce que pour obtenir leur soutien à l’Onu. On peut compter sur les capacités de son appareil de propagande pour incruster cette image à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine.

Dans ces conditions, le fait qu’il ait fallu transformer les 44 mètres d’altitude de Pékin en un centre de sports d’hiver devient secondaire. Même à 90 km au nord-ouest de la capitale, la longue langue blanche de «The Rock», la piste de ski alpin spécialement conçue et fabriquée à coups de canons à neige, n’apparaît plus irréelle. Tout cela devient le symbole de la Chine de Xi Jinping, que rien ne peut arrêter. Ni Taïwan, ni Hong-Kong, ni les Ouïghours, ni les dissidents, ni les persécutés ne comptent plus. Peu importe que la neige soit artificielle comme l’intelligence de plus en plus maîtrisée par le pouvoir : tout est sous contrôle.

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