Actualité - 28/10/2021 - Actualité

Toussaint

Aux Serres de Boralde, le “roi des cimetières” a toujours du succès

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Benjamin, sa sœur Éléonore, Gérard Fages, du Relais de Boralde voisin, Cathy, et Annie Vayssade.

Comme chaque année à Toussaint, les chrysanthèmes vont fleurir la grande majorité des caveaux du Nord-Aveyron et d'ailleurs, et donner de la couleur aux cimetières, qui connaissent une importante affluence à cette occasion. Une tradition qui représente un surcroît d'activité pour les horticulteurs, comme à Saint-Côme aux Serres de Boralde, chez Benjamin Vayssade.

La culture des chrysanthèmes commence à la fin du mois de mai, au plus tard début juin. : c'est le début d'un travail qui trouve son point d'orgue fin octobre avec l'approche de la Toussaint. Mais cela n'a pas toujours été le cas.

Jusqu'au début du XX e siècle, on honorait les morts en allumant des bougies sur leurs tombes, une tradition encore vivace en Pologne, par exemple, ainsi qu'en Corse ou aux Antilles. En France métropolitaine et en Belgique, le fleurissement s'est peu à peu imposé depuis 1919, pour l'anniversaire de la Victoire : Raymond Poincaré, président de la République, et le gouvernement de Georges Clemenceau, président du Conseil, exprimèrent le souhait de voir fleurir les tombes des combattants et les cimetières militaires.

Le chrysanthème, fleur d'automne, y gagna ses lettres de noblesse dans l'aristocratie des cimetières, et malgré la concurrence des cyclamens ou des bruyères, il en est resté le roi. Chaque année, ce sont 23 millions de pots qui sont vendus pour la Toussaint, un marché un peu stagnant au niveau national. En cause, l'augmentation des crémations, et donc la diminution du nombre de tombes traditionnelles, mais également l'érosion de la tradition, notamment en milieu urbain. Ce qui est loin d'être le cas en Aveyron.

"Quand j'ai commencé il y a 10 ans, certains dans le milieu horticole pensaient que ça allait se perdre", se souvient Benjamin Vayssade, qui peut dire aujourd'hui que "ça s'est maintenu". En 2011, après un DUT de gestion d'entreprise, il a rejoint l'établissement familial créé par son père Christian. Ce dernier avait acquis en 1977, avec son frère André, les serres Valette, avenue de Saint-Geniez à Saint-Côme, avant de les déplacer à Boralde en 1985.

Benjamin a ensuite entrepris un BTS en production horticole qu'il interrompra pour suppléer son père, que la maladie emporte en novembre 2015. Depuis, il travaille avec Annie, sa mère, et Cathy, la première employée des Serres de Boralde. Une équipe renforcée par l'arrivée d'Anaïs et, dans certaines périodes, comme celle de la culture des chrysanthèmes, par Éléonore, l'une des sœurs de Benjamin, étudiante.

 

11.000 pots annuels

La petite équipe de Boralde prépare annuellement presque 11.000 pots. Mises en culture au plus tôt, les boutures, jusqu'à 13.000 pour assurer les mélanges de couleurs, sont repiquées et espacées mi-juillet. Elles proviennent principalement de variétés brevetées en France. "On les met au goutte-à-goutte et on les surveille jusqu'à la fin du mois d'août à cause des insectes ravageurs". Elles sont ensuite attachées pour former les bouquets.

Durant les deux dernières semaines d'octobre, les pots sont préparés pour les commandes des fleuristes et autres détaillants, épiciers ou magasins multiservices tels Inter Distribution, par exemple. Les particuliers viennent durant les derniers jours, les anciens ayant gardé l'habitude de réserver, même si ça se perd : "En général, il y a un coup de bourre avant Toussaint".

Quand à la tendance, elle est aux couleurs vives — jaune, orange, rose —, même si le blanc en grosses fleurs revient à la mode.

Pour les Serres de Boralde, le marché du chrysanthème, encore bien vivace, représente un tiers du chiffre d'affaires annuel. Il permet de constituer une trésorerie pour préparer les cultures du printemps.

 

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